samedi 26 février 2011

Le Pape accepte la démission du Patriarche maronite le Cardinal Nasrallah SFEIR

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Le 26 Février 2011: Le Pape accepte la démission du Patriarche le Cardinal Nasrallah SFEIR

Lettre de Benoît XVI à Sa Béatitude le Cardinal Nasrallah Pierre Sfeir


Le 26.02.2011 - (E.S.M.) - Aujourd'hui le Vatican publie la lettre que le pape Benoît XVI a adressé à Sa Béatitude le Cardinal Nasrallah Pierre Sfeir au moment où il a accepté le renoncement de son ministère de Patriarche d'Antioche des Maronites:


A Sa Béatitude Éminentissime

le Cardinal Nasrallah Pierre Sfeir

Patriarche d’Antioche des Maronites

L’année consacrée au mille-six-centième anniversaire de la mort de Saint Maron arrive à sa conclusion: un temps de grâce a été accordé à l’Église Maronite pendant ce jubilé exceptionnel. C’est aussi le couronnement de votre service pour la plus grande gloire de Dieu et le bien de tous ses fidèles.

Dieu dans son amour insondable vous a façonné et marqué de sa trace indélébile pour une élection particulière à son service. Ce choix secret a trouvé sa correspondance dans votre réponse libre et enthousiaste à l’exemple de la Mère de Dieu: "Qu’il m’advienne selon ta parole!" (Lc 1, 38).

Vous avez pu fêter l’an dernier soixante ans de sacerdoce: preuve de fidélité et d’amour pour Jésus-Christ, le Souverain Prêtre. En juillet prochain, vous aurez de nouveau l’occasion d’élever une action de grâce à la Trinité Sainte pour l’accomplissement de cinquante ans d’épiscopat.

Pendant presque vingt-cinq ans, vous avez collaboré avec vos deux prédécesseurs sur le Siège d’Antioche, avant d’être choisi par le Synode pour leur succéder le 19 avril 1986: un moment décisif qui vous place aujourd’hui au seuil de votre jubilé d’argent dans cette charge.

Vous avez commencé ce noble ministère de Patriarche d’Antioche des Maronites dans la tourmente de la guerre qui a ensanglanté le Liban pendant de trop longues années. C’est avec l’ardent désir de la paix pour votre pays que vous avez conduit cette Eglise et sillonné le monde pour consoler votre peuple contraint à l’émigration. La paix enfin est revenue, toujours fragile, mais toujours actuelle.

Le Pape Jean-Paul II, que j’aurai la joie de proclamer Bienheureux le 1er mai prochain, vous a appelé à devenir membre du Collège des Cardinaux, le 26 novembre 1994, pour vous insérer dans une communion plus profonde avec l’Eglise Universelle. La venue de mon vénérable Prédécesseur à Beyrouth, en 1997, pour signer l’Exhortation Apostolique post-synodale: Une espérance nouvelle pour le Liban, a marqué de nouveau le lien constant de Votre Église avec le Successeur de Pierre.

Lorsque j’ai convoqué le Synode extraordinaire pour le Moyen-Orient en septembre 2009, je vous ai nommé Président délégué ad honorem pour souligner la valeur du service ecclésial que vous avez accompli au nom du Christ.

Ces derniers jours j’ai béni la statue de Saint Maron placée auprès de la Basilique Saint Pierre à la fin de l’année jubilaire et j’ai pu vous saluer ainsi que le Président de la République Libanaise et de nombreux Evêques et fidèles.

Vous avez choisi de renoncer à la charge de Patriarche d’Antioche des Maronites en cette circonstance très particulière. Maintenant, j’accueille votre décision libre et magnanime qui est l’expression d’une grande humilité et d’un profond détachement. Je suis sûr que vous accompagnerez toujours le chemin de l’Église Maronite par la prière, le sage conseil et les sacrifices.

Je demande à Dieu Tout-Puissant, par l’intercession de Saint Maron et de Notre-Dame du Liban, de vous combler de ses bienfaits. De grand cœur, je vous adresse la Bénédiction Apostolique ainsi qu’aux évêques, aux prêtres, aux personnes consacrées et à tous les fidèles de l’Église Maronite, et à la bien-aimée Nation Libanaise!


Au Vatican, le 26 février 2011.


Historique de cette démission:
Le Patriarche maronite du Liban, Nasrallah Sfeir, aurait présenté sa démission au pape

La concomitance de la chute du gouvernement et de l’annonce d’une démission du patriarche maronite a été très mal reçue par l’opinion. Une source autorisée, proche de Bkerké, a fait le point pour « L’Orient-Le Jour ».
Le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, a-t-il « démissionné » ? C’est ce qu’a affirmé hier l’Agence nationale d’information (ANI-officielle) dans une dépêche qui affirmait : « Après une rencontre avec Mgr Nasrallah Boutros Sfeir, le ministre Boutros Harb a annoncé que le patriarche avait présenté sa démission au Saint-Siège, lui demandant de le décharger de ses fonctions. »
« Le Vatican n’a pas encore tranché », a ajouté l’agence, sans élaborer. La veille, le quotidien al-Chark avait publié une nouvelle en ce sens, qui avait été démentie par le patriarcat maronite. Hier, et avant que M. Harb ne se prononce, l’évêque maronite du Batroun, Boulos Émile Saadé, avait démenti aussi la nouvelle, estimant que « sa diffusion par certains organes de presse vise à créer une confusion entre le religieux et le politique ».
Qu’en est-il au juste ? Selon une source autorisée proche du patriarcat maronite, le patriarche Sfeir a effectivement fait part au pape Benoît XVI, au cours de son dernier séjour à Rome, il y a quelques semaines, de son intention de se démettre de ses charges. Au Liban, il l’aurait annoncée aux membres du synode des évêques maronites, sous le sceau de la confidentialité. Il ne pouvait prévoir que le bruit parviendrait jusqu’à la presse, et surtout qu’il coïnciderait avec la chute du gouvernement. Selon la source citée, « il ne faut pas se perdre en conjectures et se laisser aller à des spéculations qui ne servent ni les intérêts des chrétiens, les maronites en particulier, ni ceux des Libanais. Le patriarche Sfeir continuera de tenir la barre du navire, en sage timonier, jusqu’au moment où le Saint-Père dira son mot.
« La décision du patriarche Sfeir de remettre le flambeau à un successeur, après 25 ans de règne patriarcal dans les circonstances les plus délicates qu’ait connues de son histoire, et nonobstant le fait qu’elle ait été formulée verbalement ou par écrit, ou des deux manières, ne prendra sa forme définitive qu’après son acceptation par le pape, qui pourrait y surseoir provisoirement. Ce qui s’est passé est assimilable à une déclaration formelle d’intention. Le Vatican n’y est strictement pour rien. Aucune proposition, aucune suggestion n’a été formulée en ce sens par le Saint-Siège. » En privé, des sources proches du patriarche affirment que le chef de l’Église maronite a atteint l’âge de 90 ans, et que, malgré son étonnante forme et sa clairvoyance intellectuelle, il s’agit là d’un « seuil psychologique » dont il a décidé qu’il fallait tenir compte.
Ces mêmes sources ajoutent que le patriarche a été excédé par le carriérisme de certains évêques qui, tout en faisant son éloge, manifestaient à son égard une certaine impatience. C’est ainsi qu’il a été plus gêné que flatté de l’annonce qu’un jubilé sacerdotal, épiscopal et patriarcal lui était préparé pour mai prochain, à l’occasion de son anniversaire.
Le cardinal Nasrallah Boutros Sfeir, âgé de 90 ans, est à la tête de l’Église maronite depuis 1986. Il est le 76e patriarchemaronite depuis l’arrivée des premiers disciples de saint Maron au Liban, il y a plus de 1 500 ans. Au-delà de son leadership religieux, il a joué un rôle considérable dans la vie politique du Liban. C’est notamment à son appel en 2000 que le mouvement opposé à l’hégémonie de la Syrie, alors puissance de tutelle depuis trois décennies au Liban, a commencé à prendre de l’ampleur, jusqu’au retrait des troupes syriennes en 2005, dans la foulée de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri.
Source : Par Fady NOUN, L’Orient-Le Jour, 17/1/2011
 
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